Les mères iront porter ailleurs...

Publié le par Spartacus

Le rapport du conseil d'état sur la révision des lois de bioéthique n'est pas favorable à la légalisation de la gestation pour autrui, autrement dit aux mères porteuses.
Victoire pour les uns, défaite pour les autres, je ne vois pour ma part ni raison de se réjouir ni raison de polémiquer.

Le désir d'enfant est une question complexe qui nécessite d'avancer avec prudence, totalement incompatible avec le combat médiatique. Qu'il s'agisse des mères porteuses, de la procréation médicalement assistée, ou encore de l'adoption, on touche là à des sujets sensibles sur le plan individuel et sur le plan de la société, interrogeant notre rapport à l'enfant et à la place que nous lui prévoyons (prévoyons, parce que ça ne se passe jamais comme on l'avait prévu avec les mouflets !).

Bon, disons le tout de suite, je n'ai pas d'enfant. Ce n'est ni un choix, ni une impossibilité biologique, ça s'est trouvé comme ça, c'est tout. J'ai longtemps cru que pour être adulte et avoir une place reconnue par mes pairs il me fallait être père (excusez moi, il est sorti tout seul çui là). J'ai entendu un nombre de fois incalculable LA question : "et alors, quand est-ce que tu nous fais un petit !", mesurant ainsi la bonne santé de la pression sociale pour faire accéder chacun à la "normalité".
L'enfant touche à de nombreux symboles, il est le catalyseur de nombreux espoirs, de nombreux rêves... Pour autant, j'estime que l'enfant n'est pas un droit. Autant je crois au droit de l'enfant, autant je réfute le droit à l'enfant. Dans la notion de droit à on prend la question du côté de l'adulte, l'enfant devient presque un objet qu'on est en droit ou non de posséder, un peu comme Madonna allant faire son marché au Malawi pour caricaturer la chose.


L'enfant n'est pas un droit. Je ne pense pas que toute personne dans l'impossibilité de procréer, aussi triste que cela puisse être, puisse faire valoir un quelconque droit à l'enfant. L'enfant est une personne qu'on a le droit et le devoir d'accompagner pour lui permettre de devenir adulte dans les meilleures conditions, pas un animal de compagnie qu'on choisit selon son pedigree (là aussi je caricature mais la caricature n'est qu'une exagération de la réalité !).
Je n'ai jamais compris, et ne comprendrai sans doute jamais ce qui pouvait motiver à ce point des couples à avoir un enfant, les poussant à affronter un infernal parcours du combattant et faisant basculer leur vie autour de ce désir central, celui d'avoir un petit d'homme à soit.

Qu'on soit clair : je ne juge pas, je m'interroge. Mais je sais aussi que la revendication du droit à l'enfant me gêne suffisamment dans tout ce qu'elle comporte pour que je crois nécessaire et même vital de réinterroger notre vision de cette question avant qu'on ne trouve des gamins au rayon animalerie de Jardiland !

Publicité

Publié dans société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Entièrement d'accord! Encore un papier que tu m'épargnes d'écrire!
Répondre
S
<br /> Va falloir surveiller nos blogs respectifs histoire qu'on ne se marche pas sur les pieds !<br /> <br /> <br />