Iconoclastie reproductive !
Il y a des trucs que je pige pas, mais c’est peut-être parce qu’il me manque des éléments nécessaires pour juger !
Par exemple, je ne comprends pas cette contagion du bonheur que prétendent nous infliger les jeunes parents. Je m’explique !
L’autre jour, j’étais en train de discuter avec un jeune papa, et accessoirement de communiquer avec sa gamine par divers sourires et mimiques bref, un p’tit moment sympa entre deux trucs à faire.
Jusqu’à ce que le père, enthousiaste, me sorte soudain : «Ah, ça donne envie d’en faire un ! ». Même pas interrogatif le mec, juste sûr de son truc.
J’ai même pas contrôlé ma réponse, c’est sorti aussi sec : NON !
Car enfin merde, ils me font braire ces marchands de bonheur qui croient que le mioche c’est la recette de la félicité : « c’est que du bonheur » qu’ils disent ! Le leur, certes, sûrement, je veux pas leur enlever cette illusion. Mais le mien ne passe plus nécessairement par la case lardon et c’est très bien comme ça. Si un jour il s’en présente un, très bien, mais que personne ne vienne me faire chier en me disant qu’il n’y a que cette étape pour accéder au bonheur de toute une vie.
Parce qu’après tout, si on retourne le truc, faire un gamin aujourd’hui est quand même un bonheur extrêmement égoïste, au moins dans nos sociétés occidentales. Catapulter un petit d’homme dans le monde à ce jour, faut être soit extrêmement optimiste (que sera ce monde dans 50 piges, vous en avez une belle idée vous ?), soit être mû par des motivations très diverses qui vont de la reconnaissance sociale à « l’incarnation de l’amour » (beuark), en passant par le bout de scotch qui viendrait soi-disant raccommoder un couple en perte de vitesse (et c’est bien souvent le coup de grâce, pour ne pas dire toujours). En tout état de cause, on se reproduit rarement pour le môme à venir. Probable d’ailleurs que cette perspective ferait chuter le taux de fécondité !
Je suis quelque peu iconoclaste en disant ça, je sais bien. J’en sais certains et certaines qui risquent de bondir un peu, heurtés dans leur sensibilité parentale. Très sincèrement, je m’en excuse un peu, et je m’en tape beaucoup !
Quand je vois l’acharnement de certains couples à vouloir être parent à tout prix, à subir des parcours du combattant, soit pour adopter, soit pour vaincre la stérilité, je m’interroge sincèrement sur ce qui nous pousse à être parent aujourd’hui, et pourquoi les gens sont tellement incapables d’envisager leur vie sans progéniture.
Et si d’aventure un jour il m’arrivait de me reproduire, j’espère garder en moi suffisamment de lucidité pour me rappeler que ce bonheur tout neuf (c’est une hypothèse, entendons-nous bien) ne fait référence pour personne, qu’il me concerne moi et les autres protagonistes de l’aventure, et n’est en rien la panacée universelle !