La loi serait donc tout ?
Une suite réflexive à l'info concernant l'arrestation de deux enfants de 6 et 10 ans, à la lumière de la réaction d'Albert Doutre, directeur départemental de la sécurité publique (un ponte quoi !).
"Lors d'un point de presse organisé à la mi-journée à l'hôtel de police de Bordeaux, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Albert Doutre, a apporté son soutien aux policiers.
"Je soutiens entièrement et j'assume entièrement jusqu'au bout ce qui a été fait", a-t-il déclaré, estimant que tout avait été fait dans le cadre "des lois de la République".
Il s'agit à ses yeux d'une "affaire complètement banale qui prend un tournant polémique surprenant".
Les policiers ont selon lui agi avec "discernement", conduisant les deux enfants au commissariat pour être entendus en compagnie d'une mère.
Il a aussi rappelé qu'une personne avait déposé plainte et que les policiers "ont des comptes à rendre au parquet".
Albert Doutre a enfin précisé que l'enfant de six ans avait "reconnu avoir emprunté le vélo". Pour le deuxième, "l'enquête se poursuit", a-t-il ajouté."
Extrait d'un article signé Claude Canellas, en lien ici
A la lecture de ces mots, deux choses m'apparaissent en évidence :
- la première, c'est la poursuite inquiétante du tout judiciaire au sein de la société française. Les adultes ne semblent plus capables du recul nécessaire pour régler à l'amiable des petits différents de cet ordre, et l'intervention de la police est de plus en plus fréquemment sollicitée. Le problème, c'est que les flics n'ont pas vraiment le don de faire redescendre la mayonnaise et que par conséquent, tout prend une ampleur démesurée. Ici, ce sont des pitchouns qui ramassent les conséquences de l'incapacité des adultes à assumer leur rôle. Mais Albert Doutre (tombe ?) nous assure que c'est une affaire complètement banale (ce qui n'apaise pas mes inquiétudes, vous pensez bien !). Sur les affirmations de cet expert de l'enfance, on peut s'endormir rassuré (bien qu'il soit un peu tôt dans la journée) : les gamins n'ont dû subir aucun traumatisme.
- la deuxième c'est que, toujours selon Bébert, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque tout a été fait dans le cadre des lois de la République. Il y a quelque chose d'étonnant chez ces personnes qui ne voient tout et n'entendent tout que par l'oeilleton de la loi. Ils semblent oublier que les lois donnent un cadre et qu'elles n'entendent pas régir chaque comportement ; qu'au sein de ce cadre, on peut encore décider quelle est la manière la plus intelligente d'aborder telle ou telle situation, au risque de ne pas être totalement en accord avec la sacro sainte procédure.
La loi a ça de pratique : elle permet de s'affranchir de sa responsabilité propre. Ce qui a été fait l'a été dans le cadre légal, j'ai ouvert mon parapluie. S'il y a une erreur, ce n'est pas la mienne, c'est celle du législateur qui a oublié un truc dans son texte. Déresponsabilisation à outrance, plus personne n'assume les actes posés, on s'en lave les mains, sauf les victimes de ces abus qui boivent la tasse.
Quand on en arrive là, c'est le commencement du grand n'importe quoi (ou la continuation, ça dépend si on se place dans une perspective optimiste ou pessimiste) !