La campagne à la Courneuve
Meuh non, voyons, n'allez pas croire que, dans le cadre du réaménagement urbain, des fermes se soient implantées au milieu de la cité des 4000, que des troupeaux de vaches paisibles broutent les fleurs de béton, et que le coq (le français of course, le bien de chez nous, la fierté nationale quoi) éveille de son chant mélodieux toute une population, ravie de se rappeler chaque jour qu'à l'instar de ce charmant volatile, elle vit les deux pieds dans la merde !
S'il ne s'agit pas ici de cui-cui, de coin-coin, et de glou-glou, c'est que je vous cause de campagne électorale, de communication politique, de déclarations fracassantes qui n'ont généralement d'autres conséquences que de faire péter les quartiers et parallèlement, le nombre des électeurs qui, apeurés par les images d'affrontements et d'émeutes se précipitent dans l'isoloir pour voter UMP, le parti de l'ordre et de la sécurité.
Rappelez-vous en 2005, dans ce même quartier de la cité des 4000, Sarkozy alors ministre de l'intérieur promettait à une habitante qu'il allait la débarasser de la racaille et nettoyer le quartier au Kärcher. S'il n'ont pas déclenché les émeutes de 2005, ces propos n'ont évidemment pas apaisé les tensions. Ils ont en revanche assuré à celui qui deviendra Chouchou 1er une image de gardien de l'ordre et de la sécurité dans un pays en décomposition morale que c'était la faute à ces empaffés de soixantehuitards !
Pourquoi changer une recette qui gagne ? 4 ans plus tard donc, Alliot-Marie (que Ganesh s'assoie dessus pour s'en faire un suppositoire et que Pangloss ne m'en veuille pas de faire référence à une expression qui lui est chère et qui me plaît beaucoup), MAM donc remet le couvert et débarque de nouveau à la Courneuve à la suite de l'attaque d'un groupe de policiers à l'arme de guerre (oh put...naise, comment que ça fait peur qu'on est donc en guerre civile ?) pour y faire de nouvelles déclarations fracassantes, apparentant les 4000 à un supermarché de la drogue, promettant des opérations coups de poings (voir l'article de Pangloss ici pour savoir ce que j'en pense) et d'être sans pitié à l'égard des trafiquants, ce qui ne mange pas de pain.
la barre Balzac, à la cité des 4000
Est-ce du cynisme ou de l'imbécilité pure ? Peut-être les deux ? Comment peut-on, quand on est responsable politique, jouer avec autant de désinvolture avec les populations, en particulier celles qui sont les plus fragilisées ? Comment peut-on avoir le front de débarquer, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, en balançant des déclarations tonitruantes qui font bien dans les médias et dans la communication gouvernementale mais qui ne font que pourrir un peu plus la situation sur le terrain?
Aujourd'hui, les pauvres, en particulier quand ils habitent dans les cités, sont un des jouets préférés des politiques, et l'UMP en joue en virtuose, sachant tirer de chaque corde la quintessence de la note.
- Chômeurs pour la plupart, ils constituent un très bon vivier de main d'oeuvre corvéable à merci, pour des salaires de merde.
- Très relativement indisciplinés (surtout le jeune qui est quand même un voyou en puissance), il délinquent à tout va, foutent le bordel, et nourrissent la peur et l'insécurité ressentie (différente de la réalité de l'insécurité).
- En première ligne pour subir les actes de délinquance, ils sont prompts à entendre le message de quelqu'un venu leur dire qu'il va savater le cul des voyous du quartier (et qui pourrait leur en vouloir ?).
Sauf qu'au bout du compte, qu'ils soient considérés comme électorat ou brandis comme alibi politique, ils sont et resteront toujours les cocus de l'affaire.
S'il y a un quartier à passer au kärcher pour en nettoyer la racaille, faudrait commencer par la place Beauvau (et après j'ai encore quelques adresses...)
S'il ne s'agit pas ici de cui-cui, de coin-coin, et de glou-glou, c'est que je vous cause de campagne électorale, de communication politique, de déclarations fracassantes qui n'ont généralement d'autres conséquences que de faire péter les quartiers et parallèlement, le nombre des électeurs qui, apeurés par les images d'affrontements et d'émeutes se précipitent dans l'isoloir pour voter UMP, le parti de l'ordre et de la sécurité.
Rappelez-vous en 2005, dans ce même quartier de la cité des 4000, Sarkozy alors ministre de l'intérieur promettait à une habitante qu'il allait la débarasser de la racaille et nettoyer le quartier au Kärcher. S'il n'ont pas déclenché les émeutes de 2005, ces propos n'ont évidemment pas apaisé les tensions. Ils ont en revanche assuré à celui qui deviendra Chouchou 1er une image de gardien de l'ordre et de la sécurité dans un pays en décomposition morale que c'était la faute à ces empaffés de soixantehuitards !
Pourquoi changer une recette qui gagne ? 4 ans plus tard donc, Alliot-Marie (que Ganesh s'assoie dessus pour s'en faire un suppositoire et que Pangloss ne m'en veuille pas de faire référence à une expression qui lui est chère et qui me plaît beaucoup), MAM donc remet le couvert et débarque de nouveau à la Courneuve à la suite de l'attaque d'un groupe de policiers à l'arme de guerre (oh put...naise, comment que ça fait peur qu'on est donc en guerre civile ?) pour y faire de nouvelles déclarations fracassantes, apparentant les 4000 à un supermarché de la drogue, promettant des opérations coups de poings (voir l'article de Pangloss ici pour savoir ce que j'en pense) et d'être sans pitié à l'égard des trafiquants, ce qui ne mange pas de pain.
la barre Balzac, à la cité des 4000Est-ce du cynisme ou de l'imbécilité pure ? Peut-être les deux ? Comment peut-on, quand on est responsable politique, jouer avec autant de désinvolture avec les populations, en particulier celles qui sont les plus fragilisées ? Comment peut-on avoir le front de débarquer, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, en balançant des déclarations tonitruantes qui font bien dans les médias et dans la communication gouvernementale mais qui ne font que pourrir un peu plus la situation sur le terrain?
Aujourd'hui, les pauvres, en particulier quand ils habitent dans les cités, sont un des jouets préférés des politiques, et l'UMP en joue en virtuose, sachant tirer de chaque corde la quintessence de la note.
- Chômeurs pour la plupart, ils constituent un très bon vivier de main d'oeuvre corvéable à merci, pour des salaires de merde.
- Très relativement indisciplinés (surtout le jeune qui est quand même un voyou en puissance), il délinquent à tout va, foutent le bordel, et nourrissent la peur et l'insécurité ressentie (différente de la réalité de l'insécurité).
- En première ligne pour subir les actes de délinquance, ils sont prompts à entendre le message de quelqu'un venu leur dire qu'il va savater le cul des voyous du quartier (et qui pourrait leur en vouloir ?).
Sauf qu'au bout du compte, qu'ils soient considérés comme électorat ou brandis comme alibi politique, ils sont et resteront toujours les cocus de l'affaire.
S'il y a un quartier à passer au kärcher pour en nettoyer la racaille, faudrait commencer par la place Beauvau (et après j'ai encore quelques adresses...)
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