L'idôlatrie d'Obama nique !

Publié le par Spartacus

Vous l'avez peut-être entendu, encore que ça n'ait pas fait grand bruit dans la presse nationale, Barack Obama a décidé de maintenir les commissions militaires qui sont des tribunaux d'exceptions mis en place par W. Bush pour juger les détenus de Guantanamo.
Ces commissions avaient été suspendues par Obama en janvier dernier après qu'il les ait vilipendé en les qualifiant "d'échec monumental". Il confirme donc ces tribunaux, avec des procédures révisées, pour juger une vingtaine de détenus dont il estime qu'ils ne pourront comparaître devant la justice ordinaire (pour plus d'infos, suivez le lien ici).

Quand on parle de l'état de grâce d'un président, ce n'est pas qu'une formule journalistique. La preuve ! Quelles que soient les raisons avancées par la présidence américaine pour justifier ce maintien, on pourrait quand même s'interroger avec force sur la question de maintenir des tribunaux d'exceptions, donc à l'écart de la justice civile, dans un pays démocratique.
Quand l'armée fait sa soupe en parallèle des règles de l'état de droit, ça porte un nom.
Alors certes, Obama hérite du bâton merdeux laissé par l'autre enfoiré, et ce n'est certainement pas simple à gérer. Mais le démantèlement de ces commissions aurait été un vrai signal fort de justice et de mise en lumière des dérives de l'ère Bush et de sa "lutte contre le terrorisme".



Ce qui m'interroge, au delà des faits, c'est le peu de réaction que cette info suscite, à part dans les milieux droitsdel'hommistes et gauchiste racailleux ce qui est bien évidemment un pléonasme. Moi-même, j'ai mis 3 jours avant de réagir à cette info et cet article n'a pas la virulence que j'y aurai mis si c'était un Sarko ou un Bush qui avait pris cette décision. Preuve s'il en fallait qu'en matière d'objectivité, il y a du chemin à faire et que la déification porte en elle les germes de l'obscurantisme.
Obama est beau, grand, jeune, lumineux, autant que Bush était moche, petit, vieux et du côté obscur. Pour autant, on n'est pas obligés de quotidiennement lui baiser le cul ! Sachons rester vigilant...
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Publié dans Actu et politique

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D
Je suis d'accord avec les questions que vous soulevez et je ne défends évidemment pas l'existence de la prison de Guantanamo et les excès injustifiables qui ont pu s'y produire, mais je voulais souligner qu'une obéissance absolue à des principes risquent de menacer ces principes mêmes. En temps de guerre on est souvent amené à se salir les mains. Je vous accorde que c'est dommage et qu'on aimerait ne pas le voir faire.<br /> Dr WO
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S
<br /> D'accord sur le fait qu'on ne peut se borner à afficher des positions de principes sans avoir auparavant essayé de voir quelle en pourraient être les conséquences.<br /> Qu'en temps de guerre on soit amené à se salir les mains est pour moi une évidence. Malgré tout ce qu'on veut nous faire croire, il n'y a pas de guerre propre.<br /> Mais la situation des Etats Unis n'est pas tout à fait celle d'un pays en guerre (sauf la guerre contre le terrorisme déclarée par Bush et qui n'a aucun fondement juridique). Je pense même que le<br /> peuple américain est suffisamment sorti de la peur et du traumatisme pour pouvoir juger ces hommes sereinement.<br /> Ce que je crois au fond,  c'est qu'il y a beaucoup de choses que l'administration américaine ne souhaite pas voir connaître du public. Dans l'article du Monde, il est mis en avant 2 raisons :<br /> la crainte de la divulgation de techniques de surveillance sophistiquée lors des débats et la question des traitements infligés par la CIA (qui a dû se lâcher si on considère la valse hésitation<br /> des dirigeants américains sur la révélation ou non de leurs agissements).<br /> Obama à ses raisons, c'est certain. Sont-elles bonnes, je n'en sais rien. Mais moi, ça me pose question.<br /> <br /> <br />
D
Bien sûr, je m'attendais à cette réponse. Mais peut-on juger ces gens comme des délinquants ordinaires ? Avec la même procédure de justice ? Je ne sais pas si c'est même possible. Je pense que c'est la raison pour laquelle Obama a maintenu ces tribunaux d'exception pour certains accusés qui auraient été par ailleurs enchantés d'avoir une tribune pour médiatiser leur délire.Le monde n'est ni noir ni blanc, il est gris. Ces tribunaux d'exception venus après la mort de 3000 civils, donc après une situation exceptionnelle, ne suppriment pas les libertés des citoyens des USA. Il ne faut pas que les règles d'une justice démocratique finissent par se retourner contre la démocratie (supposez, par ex.qu'un vice de procédure aboutisse à la libération d'assassins authentiques et dont la seule ambition est de recommencer à tuer le maximum d'Américains)<br /> Dr WO
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S
<br /> Le commentaire était suffisamment provocateur pour que ma réponse soit attendue !!<br /> J'entends tes arguments, et il m'apportent assez de grain à moudre pour faire bouger ma réflexion. La question est effectivement très complexe et il est difficile de se retrancher exlusivement<br /> derrière des principes pour y répondre.<br /> Cependant, d'autres tribunaux, civils ceux-là, ont déjà jugé des actes de terrorisme qui n'avaient certes pas la dimension des attentas du 11 septembre, mais pour lesquels il y avait eu quand même<br /> de nombreux morts. Alors, à partir de combien de victimes bascule-t-on dans l'exception ?<br /> Et puis, à Guantanamo, il n'y avait pas que des personnes accusées d'avoir fomenté les attentats du 11 septembre. L'algérien qui est arrivé récemment en France était soupçonné de préparer un<br /> attentat contre l'ambassade américaine de Sarajevo (soupçon dont il a été d'ailleurs lavé). Combien de détenus de Guantanamo sont incarcérés pour d'autres accusations que leur participation aux<br /> attentats du World Trade Center ? Doivent-ils faire partie du dispositif d'exception ?<br /> Selon quels critères seront alors déférées les personnes devant le tribunal militaire ?<br /> Et ce tribunal aura-t-il davantage de latitude pour s'affranchir du droit et de la procédure et si oui, qu'est-ce que ça implique ? Faire une justice discrétionnaire ne soulève-t-il pas davantage<br /> de questions que cela n'apporte de réponses ?<br /> En tout cas, à mon niveau, si !<br /> Cependant, je continue à croire que pour que la justice soit comprise, il faut qu'elle se fasse dans la clarté. Or la prison de Guantanamo a suffisamment cultivé le secret pour qu'on puisse mettre<br /> en question les conclusions de son tribunal...<br /> Enfin bref, je n'ai pas (plus ?) de réponse bien arrêtée, et je vais aller prendre un aspirine !<br /> Bonne soirée !<br /> <br /> <br />
S
Ouais...ben moi j'ai du mal à ne pas faire comme Dr WO et à ne pas vouer tous les suppots de Ben Laden à un enfer bien brûlant. D'un autre côté répondre à la haine par la haine n'arrange rien ; mais on ne peut pas les laisser jouer avec les bombes et les opinels ces cinglés...Alors ? Bon courage quand même Barak !
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S
<br /> Le seul enfer auquel je crois existe sur terre, et ces gens là l'ont probablement connu. Je ne cherche ni à excuser, ni à justifier, et l'horreur d'un attentat échappe à toute raison et tout<br /> entendement.<br /> Mais  "jouer" avec les mêmes règles serait risquer de perdre toute humanité.<br /> Et puis, on pourra toujours réprimer, enfermer, voire même exécuter tant qu'on voudra, d'autres bombes humaines, hommes et femmes, naîtront tant que des êtres humains vivront dans l'extrême<br /> pauvreté, la peur, la haine, et l'humiliation.<br /> La véritable lutte antiterroriste commence dans le combat contre ce que nul être humain ne devrait avoir à vivre.<br /> A ce sujet, je te conseille deux bouquins de Yasmina Khadra, un auteur algérien que tu connais peut-être : l'Attentat et les Sirènes de Bagdad. C'est pas drôle, vraiment pas, mais ça permet d'avoir<br /> une vision un peu moins occidentale de la question. Et c'est sans doute ce qui nous manque en occident actuellement.<br /> <br /> <br />
D
La question est de savoir s'il y a des innocents parmi eux. S'ils ne le sont pas, je me moque de leur sort. Je n'aime pas que l'on décapite des gens ou que l'on fasse exploser des bombes dans la foule.Les règles ne sont pas les mêmes des deux côtés et à force d'appliquer les bonnes règles que d'un côté, l'obscurantisme finira par appliquer ses règles imbéciles et fanatiques partout.<br /> Dr WO
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S
<br /> Eh ben voila, il suffisait de demander !<br /> Cher Dr WO, je ne suis pas d'accord avec toi. Entendons nous ! Je n'ai pas non plus particulièrement d'affection pour les personnes qui décapitent les autres ou qui se font exploser dans la foule<br /> (même si je me pose toujours la question de ce qui a pu amener un homme à en arriver là, mais c'est un autre débat).<br /> Mais si tu prétends lutter contre l'obscurantisme et la haine en utilisant les mêmes méthodes, tu te fais porteur de cet obscurantisme. Ne t'en déplaise, la plupart des discours et des dispositifs<br /> liberticides et répressifs récents sont nés au nom de l'antiterrorisme.<br /> Quand on accepte de déroger à la règle en vertu du caractère particulier d'un crime, quel qu'il soit, quand on se permet des petits arrangements avec la loi que ce soit au nom de la liberté ou<br /> d'autre chose, on se met hors la loi et c'est alors la porte ouverte à tous les abus, qu'ils soient étatiques ou individuels.<br /> <br /> Enfin, c'est ce que je crois...<br /> <br /> <br />
P
Tu parles d'un bâton merdeux! Des gens raflés au bout du monde, qui ne sont pas américains, qui ne sont pas soldats d'une armée régulière levée par un pays homologué par l'ONU (et seul en droit de faire tirer des coups de fusil et de lancer des bombes) que si tu les relâche, il y a des chances qu'ils recommencent à djihader comme des fous. A part reconnaître leur innocence avant de les refiler aux copains, qu'est-ce que t'en fais? Quand tu reprends une boutique, des fois tu dois continuer à payer les dettes de ton prédécesseur. D'un autre côté, t'étais pas obligé de te porter volontaire, Barak. T'as signé? Tu vas en chier!
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S
<br /> Problème difficile à résoudre en effet. Mais ce n'est pas en maintenant une juridiction d'exception que tu crées une rupture réelle avec la politique du prédécesseur, surtout quand celui-ci<br /> s'appelle Bush.<br /> Obama n'était pas obligé de signer, effectivement. Mais je continue de penser que c'est une chance qu'il l'ait fait, à condition qu'il ne cède pas trop vite aux compromissions du pouvoir et de la<br /> raison d'état.<br /> <br /> <br />