Communauté, communautaire, communautarisme...

Publié le par Spartacus

Quand tu crées un blog, au début, tu parles tout seul. Y a bien un ou deux potes à qui tu as filé ton adresse (ou alors une armée de potes + la famille si tu l'as distribuée à tout ton carnet d'adresse), mais c'est tout.
Très vite se pose alors la question de l'audience, d'autant plus si tu penses que ce que tu écris est fondamental pour la survie de la planète voire même de l'univers (ce qui est mon cas, bien entendu) et que par conséquent, le monde entier doit, dans un très bref délai, avoir accès à ta juste parole.

Et là, tu découvres le miracle de la communauté. Moi, j'y suis allé sans me poser trop de questions. C'était un moyen d'avoir une petite tribune à la vue des autres participants, de créer des contacts, d'avoir enfin quelques lecteurs. Bon, j'ai pas encore conquis la planète, mais avec une vingtaine de personnes ayant déjà visité mon blog, je vois bien que je suis en train de faire trembler le vieux monde sur ses bases !

La communauté, c'est un truc vachement bien. Des personnes, qui ne se connaissent ni d'Eve, ni d'Adam, qui se rassemblent parce qu'elles partagent les mêmes centres d'intérêts, avec une précision qui frise parfois l'intégrisme (maquettes de Ferrari, le monde merveilleux de l'apnée, aiguilles passions, etc...). J'ai regardé à un moment les communautés autour de la photo. C'est d'un abord tellement exclusif voire élitiste que j'ai fui immédiatement, en me disant que je n'y avais pas ma place, autant pour une question de niveau technique que pour une question d'ouverture aux autres. Je suis donc resté aux communautés davantage tournées vers les idées et la politique. En politique, les humanoïdes de gauche (dont je suis) parlent avec d'autres humanoïdes de gauche, ce qui doit être également vrai à droite. C'est sympa, on est d'accord, on se conforte mutuellement dans nos idées mais...

 

Mais au final, ça ne favorise pas la controverse, la rencontre de la différence, la discussion à bâton rompus (et côtes cassées !) et c'est là que c'est un peu merdouilleux comme système. De la communauté au communautarisme que je conchie, il n'y a qu'un pas et, sans entrer dans une caricature de la chose, faut bien reconnaître qu'il y a un peu de ça dans les communautés auxquelles j'appartiens, comme dans les autres bien entendu. On y parle tellement de la même chose que parfois, il m'arrive avant d'écrire un article, de vérifier qu'il n'y a pas eu une autre personne pour parler de ce sujet avant moi. On est tellement d'accord que mes commentaires sont généralement une pointe d'humour en plus, quelque fois un complément d'idées, et très rarement (voire jamais, je ne sais plus), l'expression d'un désaccord.


Attention ! Loin de moi l'idée de cracher dans la soupe ! On fait des rencontres intéressantes, des personnes qui ouvrent d'autres portes, des pistes que l'on peut suivre parce qu'il y a toujours des choses à découvrir, même dans une communauté d'intérêts. J'y ai découvert des plumes intéressantes, des esprits plein d'aspérités comme je les aime, des râleurs rêveurs et je suis sûr qu'il y a encore d'autres découvertes à faire.
Mais voila, le monde n'est pas uniformité, heureusement, et je trouve dommage qu'il n'y ait pas davantage de télescopages au sein de ces communautés, ce qui semble pourtant logique puisque chacun s'y réuni par affinités. Si je pose ma candidature à une communauté politique de droite, m'y accueillera-t-on ? Et si un blog politique de droite pose sa candidature à une communauté de gauche, l'accueillera-t-on ? Et avons-nous envie d'aller jouer le loup dans la bergerie ? Autant de questions qui se posent à chacun d'entre nous, et à moi en particulier.

Ca me fait penser aux sites de rencontres où tu peux sélectionner la couleur des cheveux, les revenus, la religion, le niveau d'études, la position sexuelle préférée et toute autre couillonnade, parquant de plus en plus chacun dans sa caste, et tuant toute velléité de rencontrer l'autre et de s'enrichir de sa différence plutôt que se rassurer de sa ressemblance.

Alors, oui, c'est bien, c'est sympa, mais quelque part, ça me chatouille un peu beaucoup. Ca vous fait pas ça, à vous ?

PS : pour aller au bout de mon idée, je n'ai classé cet article dans aucune communauté. Son audience en pâtira-t-elle ? Suspeeeeeeeeeeeens !

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P
Marché conclu !<br /> Bises
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S
<br /> Oki !<br /> <br /> <br />
P
Moi, j'aime bien débattre. Bien sûr, j'ai mes opinions (et ceux qui viennent vous lire ici les connaissent). Mais je ne cherche à convaincre personne. Chacun a ses idées et c'est très bien ainsi.<br /> Je suis ravie d'avoir découvert votre blog !<br /> Amitiés.
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S
<br /> Je t'accueille avec plaisir Pascale, n'hésites pas à passer quand tu le souhaites.<br /> Ne pas chercher à convaincre, pourquoi pas, mais faire bouger les lignes, je trouve que ça sert à ça de discuter et d'échanger. Et s'il y a matière à débat, j'aurai plaisir à discuter avec toi.<br /> <br /> <br />
I
La richesse des différences qu'elles soient culturelles, religieuses ou autres, j'adhère du moment qu'il y a un sens et que ce sens me correspond mais quand à aller me confronter à des courants de pensées profondément différents des miens, je n'adhère plus. Et encore faut-il pouvoir ! Physiquement moi je ne peux pas, c'est épidermique, mon poil se hérisse et je me met à courir comme une folle pour m'éloigner au plus vite. Et là, je suis toute décoiffée :)
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S
<br /> Je ne peux que te suivre (mais sans courir) là dessus, il y a effectivement des différences qui touchent tellement à l'essence même de notre vision des choses qu'elles en deviennent<br /> inconciliables.<br /> Et merci pour cette bonne tranche de musculation zygomatique du jour !!<br /> <br /> <br />
I
J'extrapole, dérive parfois même. Mais j'ai bien compris ce que tu écrivais maintenant. Une différence peut-être ? Bon je vais me recoiffer, bonne nuit ;)
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S
<br /> On a tort de croire que les mots se suffisent à eux-mêmes ! Encore faut-il qu'il y ait un sens partagé. C'est déjà pas toujours facile de se comprendre quand on est d'accord alors, quand les avis<br /> divergent (et dix verges, c'est énorme disait Desproges !)...<br /> Bon, je vais me décoiffer (le temps est venteux aujourd'hui !), bonjour !<br /> <br /> <br />
D
J'ai eu l'occasion de discuter sur mon blog avec des personnes d'un avis contraire au mien. Au début c'est intéressant, mais chacun restant pour finir sur ses positions, cela devient vite épuisant avec l'insatisfaction de pas avoir été convaincant et le regret de ne pas avoir été convaincu, c'est à dire de n'avoir rien appris<br /> Dr WO
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S
<br /> En apprend-on plus avec ceux qui sont du même avis que soit ? C'est possible. C'est probable. C'est dommage...<br /> Moi, je dois être un optmiste indécrottable (et là, je le découvre). Je crois que ce que des mots ne font pas dans l'instant, ils peuvent le faire avec le temps et la maturation. Pas toujours, mais<br /> si ça marche, ne serait-ce que pour une seule personne, c'est que ça n'aura pas été totalement vain.<br /> Mais bon, j'envisage assez clairement le côté épuisant de la chose, et je pourrai facilement renoncer par lassitude. En la matière (comme en beaucoup d'autres d'ailleurs) je n'ai aucune certitude,<br /> que des questions...<br /> <br /> <br />