L'obsession sécuritaire
Lors de son récent passage à Nice, Nicolas Sarkozy a remis sur le tapis la thématique de l'insécurité, surfant une nouvelle fois sur la récente actualité médiatique et jouant sur l'inquiétude des citoyens pour ramener vers lui une opinion publique en désamour.
Télézapping : Sarkozy, retour aux fondamentaux
envoyé par lemondefr
Notre président a un don tout particulier pour faire croire à la population, ainsi légitimement flattée dans ses opinions, qu'un problème complexe parce que généré par de multiples facteurs comporte des solutions simples et directes.
Les manifestants qui cassent portent une cagoule ? C'est simple, on interdit le port de la cagoule !
Des affrontements violents impliquant des bandes émeuvent l'opinion publique ? C'est simple, on crée un délit de bande organisée !
Des jeunes se retrouvent en bas des immeubles et créent des nuisances ? C'est simple, on interdit les regroupements en bas des immeubles !
Tout est simple, tellement simple que chacun d'entre nous aurait pu y penser (et peut-être y a pensé), ce qui permet à une bonne frange de la population de se dire "il a raison, c'est une bonne solution, enfin un président qui agit".
Qui agit, oui, mais malheureusement davantage en lien avec l'émotionnel déclenché par l'actu, qu'avec une pensée politique étayée par une analyse des causes et des conséquences. Avec son discours bien rodé, il arrive même à désigner aux français les vrais coupables, ceux qui sont à l'origine du mal, ceux qui par leurs bons sentiments ont trop longtemps cherché des excuses aux délinquants, rendant de facto tout discours qui chercherait à comprendre les origines de la délinquance pour traiter ce problème à la racine intolérable pour nos concitoyens.
Sarko, grand pourfendeur de ce qu'il appelle la Pensée Unique et de ce qu'il appelle le "terrorisme intellectuel" (vous aurez noté au passage le mot terrorisme, nullement choisi au hasard), réussit à faire croire que ceux-ci se situent dans les discours qui contredisent son action. Il me semble pourtant bien qu'aujourd'hui, la vraie Pensée Unique et le terrorisme (je n'ose y accoler le terme intellectuel, particulièrement inapproprié pour l'équipe au pouvoir) se situe dans le discours répressif, et qu'il faut des hommes publics bourrés de courage et de désir de faire avancer les choses pour ne pas céder à cette réthorique et remettre la raison au coeur du discours politique. Et malheureusement, ils sont peu nombreux...
envoyé par lemondefr
Notre président a un don tout particulier pour faire croire à la population, ainsi légitimement flattée dans ses opinions, qu'un problème complexe parce que généré par de multiples facteurs comporte des solutions simples et directes.
Les manifestants qui cassent portent une cagoule ? C'est simple, on interdit le port de la cagoule !
Des affrontements violents impliquant des bandes émeuvent l'opinion publique ? C'est simple, on crée un délit de bande organisée !
Des jeunes se retrouvent en bas des immeubles et créent des nuisances ? C'est simple, on interdit les regroupements en bas des immeubles !
Tout est simple, tellement simple que chacun d'entre nous aurait pu y penser (et peut-être y a pensé), ce qui permet à une bonne frange de la population de se dire "il a raison, c'est une bonne solution, enfin un président qui agit".
Qui agit, oui, mais malheureusement davantage en lien avec l'émotionnel déclenché par l'actu, qu'avec une pensée politique étayée par une analyse des causes et des conséquences. Avec son discours bien rodé, il arrive même à désigner aux français les vrais coupables, ceux qui sont à l'origine du mal, ceux qui par leurs bons sentiments ont trop longtemps cherché des excuses aux délinquants, rendant de facto tout discours qui chercherait à comprendre les origines de la délinquance pour traiter ce problème à la racine intolérable pour nos concitoyens.
Sarko, grand pourfendeur de ce qu'il appelle la Pensée Unique et de ce qu'il appelle le "terrorisme intellectuel" (vous aurez noté au passage le mot terrorisme, nullement choisi au hasard), réussit à faire croire que ceux-ci se situent dans les discours qui contredisent son action. Il me semble pourtant bien qu'aujourd'hui, la vraie Pensée Unique et le terrorisme (je n'ose y accoler le terme intellectuel, particulièrement inapproprié pour l'équipe au pouvoir) se situe dans le discours répressif, et qu'il faut des hommes publics bourrés de courage et de désir de faire avancer les choses pour ne pas céder à cette réthorique et remettre la raison au coeur du discours politique. Et malheureusement, ils sont peu nombreux...
Publicité